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25.01.2007
Bachir HADJ ALI - Terre je t'écoute
Je t'écoute veiller le soleil agoniser à l'Est
Je t'écoute sécher le sel sur le front des mers
Je t'écoute réveiller des pommes innocentes
Je t'écoute greffer la jeunesse du citronnier
Je t'écoute respirer entre les doigts et l'orange
Je t'écoute battements de cils rouge-gorge des bois
Je t'écoute verser la rosée sur la plante médicinale
Je t'écoute pluie sur la mer collier de la baie
Je t'écoute nuage rire ailes colorées
Je t'écoute marche secrète des hommes droits
Je t'écoute clairière de la recherche libre
Je t'écoute vivre au rythme de mes aspirations
Je t'écoute chanter le chant de l'an deux mille
Que la joie demeure, Oswald, 1970; Rééd. L'Harmattan, 1981.
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Jean SÉNAC - Citoyens de beauté
Et maintenant nous chanterons l’amour
Car il n’y a pas de Révolution sans Amour,
Il n’y a pas de matin sans sourire.
La beauté sur nos lèvres est un fruit continu.
Elle a ce goût précis des oursins que l’on cueille à l’aube
Et qu’on déguste alors que l’Oursin d’Or s’arrache aux
brumes et sur les vagues module son chant.
Car tout est chant- hormis la mort !
Je t’aime !
Il faut chanter, Révolution, le corps sans fin renouvelé de la Femme,
La main de l’Ami,
Le galbe comme une écriture sur l’espace
De toutes ces passantes et de tous ces passants
Qui donnent à notre marche sa vraie lumière,
A notre cœur son élan.
Ô vous tous qui constituez la beauté sereine ou violente,
Corps purs dans l’alchimie inlassable de la Révolution,
Regards incorruptibles, baisers, désirs dans les tâtonnements de notre lutte,
Points d’appui, points réels pour ponctuer notre espérance,
Ô vous, frères, citoyens de beauté, entrez dans le Poème !
23:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Wislawa SZYMBORSKA – Souriants…
nous essayons de trouver l'harmonie,
bien que nous soyons aussi différents
que deux gouttes d'eau claire.
Jamais deux fois.
23:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Wislawa SZYMBORSKA – Certains…
Certains,
pas tout le monde.
Pas la majorité, mais une minorité.
Hormis les écoliers qui le doivent,
et les poètes eux-mêmes.
Ca doit faire dans les deux mille.
Certains aiment.
Mais on aime aussi le potage aux vermicelles.
On aime les compliments et la couleur bleu clair.
On aime un vieux foulard
On aime flatter un chien. La poésie, mais qu'est donc la poésie ?
Plus d'une réponse brûlante a déjà été donnée.
Et moi je n'en sais rien.
Je n'en sais rien et je m'y accroche
comme à une rampe de salut.
La fin et le commencement.
23:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Maria KONOPNICKA - Il n'est...
Il n’est personne de si misérables,
Même vivant de pain rassis,
Qui n’ait sa propre étoile sous le grand ciel.
Il n’est personne de si fort, de si sûr de soi
Dont l’œil ne cherche l’Étoile quelque part au ciel.
23:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
François CHENG - Miracle
![]()
Lorsque par-dessus l'abîme qui sépare
Resplendit l'étoile de la prime étincelle
Lorsque par-delà la nuit des temps morts
Le cauchemar éclôt en rose-thé du jour
Lorsque jamais entendus, les appels vains
Se transmuent enfin en murmures ininterrompus
Miracle cette vie qui s'offre
Tout de consentement et d'entendement
Entre les mains, entre les lèvres
Laisse-toi traverser par le souffle inouï
Par le pur souffle du oui!
23:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Athanase VANTCHEV de THRACY - Avent
Seul en face de la grande solitude de la foi !
Seul en face de Dieu !
Hier, ce soir, demain,
Plus seul
A mesure que mon amour grandit
Qu’intouchable s’élève le feu dans ma gorge !
Et c’est l’Avent !
Cœur, peux-tu dire
Avec certitude
Ce qui s’en va
Et ce qui demeure en toi
Quand tu deviens torche de tendresse,
Parcelle de vie et envol d’étoile !
Et c’est l’Avent !
Ô insondable clarté du silence,
Liqueur suave de la cire allumée,
Qui me mène de transparence supérieure
En transparence supérieure !
Et c’est l’Avent !
Des larmes ! Des parfums de voix
Inconnues ! Des images abondantes de vendanges !
Le tremblement de la flamme de la bougie
Qui m’apprend la beauté de l’attente,
La lumière de la pure patience !
Et c’est l’Avent !
Le sang limpide de l’amour qui croît.
La barque d’une prière qui monte
Vers le cœur, la nuit, unissant
Dans un mouvement gracieux
Les deux rives de mon âme.
Et c’est l’Avent !
Dehors et dedans,
Cette étrange résistance
A ton regard,
A cette lumière qui s’écoule
Entre Tes cils,
A Ta parole
Suspendu au souffle flamboyant
De Ta bouche !
Et c’est l’Avent !
Je Te veux, j’ai soif de Toi,
Mon corps ne peut refuser Ta caresse !
C’est l’Avent !
Je sais, j’ai toujours su,
T’aimer -
Voilà la parfaite plénitude
De la vie pleine !
Et c’est l’Avent !
Source: http://ac.aup.fr/~a34355/athanase/index.htm
23:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Athanase VANTCHEV de THRACY - Si clair est le matin...
A Carolina di Gregorio
![]()
Les mésanges le savent, elles qui jouent
A cache-cache avec les scintillants voiles de la brise.
Des voix d’enfants s’en allant heureux par les rues
Eclatent comme des carillons de cristal
Dans l’air diaphane.
Toi, souriante à la fenêtre, tu tends
Tes bras frêles vers la joie invisible
De leurs poitrines frémissantes,
Et tes nerfs, sous les jeunes baisers
Du soleil adolescent
Résonnent comme des cordes
De harpe!
Ne te penche pas plus en avant
Dans l’embrasure,
Mon Ange de Suavité !
Tu risques de tomber dans l’abîme
De mon cœur, où seul,
En ce printemps radieux,
Vêtue de zéphyr et de roses,
Règne Aphrodite,
La grande, l’intraitable,
L’invincible déesse
De la Beauté, de l’Amour
Et de la Tendresse !
Source: http://ac.aup.fr/~a34355/athanase/index.htm
23:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Athanase VANTCHEV de THRACY - La vie s'avance !
La vie s’avance ! Et tu n’es plus qu’une trace de lumière,
Un mince stylet qui creuse la mémoire,
Ainsi, emporte-moi parmi tes paupières
Comme un soupir, comme une blessure dans l’ocre du soir.
Un peu de mort ! Et Hölderlin pour vivre
Quand tout se tait et les seigneurs délirent,
Quand sur les lits descend le souvenir
Et lentement le cri se change en livre.
Livre des transparences.
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20.01.2007
Louis ARAGON – Je traîne après moi trop d’échecs…
Je traîne après moi trop d'échecs et de mécomptes
J'ai la méchanceté d'un homme qui se noie
Toute l'amertume de la mer me remonte
Il me faut me prouver toujours je ne sais quoi
Et tant pis qui j'écrase et tant pis qui je broie
Il me faut prendre ma revanche sur la honte
Ne puis-je donner de la douleur Tourmenter
N'ai-je pas à mon tour le droit d'être féroce
N'ai-je pas à mon tour droit à la cruauté
Ah faire un mal pareil aux brisures de l'os
Ne puis-je avoir sur autrui ce pouvoir atroce
N'ai-je pas assez souffert assez sangloté
Je suis le prisonnier des choses interdites
Le fait qu'elles le soient me jette à leurs marais
Toute ma liberté quand je vois ses limites
Tient à ce pas de plus qui la démontrerait
Et c'est comme à la guerre il faut que je sois prêt
D'aller où le défi de l'ennemi m'invite
Toute idée a besoin pour moi d'un contre-pied
Je ne puis supporter les vérités admises
Je remets l'évidence elle-même en chantier
Je refuse midi quand il sonne à l'église
Et si j'entends en lui des paroles apprises
Je déchire mon cœur de mes mains sans pitié
Je ne sais plus dormir lorsque les autres dorment
Et tout ce que je pense est dans mon insomnie
Une ombre gigantesque au mur où se déforme
Le monde tel qu'il est que follement je nie
Mes rêves éveillés semblent des Saints Denis
Qui la tête à la main marchent contre la norme
![]()
Inexorablement je porte mon passé
Ce que je fus demeure à jamais mon partage
C'est comme si les mots pensés ou prononcés
Exerçaient pour toujours un pouvoir de chantage
Qui leur donne sur moi ce terrible avantage
Que je ne puisse pas de la main les chasser
Cette cage des mots il faudra que j'en sorte
Et j'ai le cœur en sang d'en chercher la sortie
Ce monde blanc et noir où donc en est la porte
Je brûle à ses barreaux mes doigts comme aux orties
Je bats avec mes poings ces murs qui m'ont menti
Des mots des mots autour de ma jeunesse morte
Le roman inachevé, Poésies/Gallimard.
23:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

