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09.03.2008

Philippe SOUPAULT - Frères du jour et de la nuit...

Frères du jour et de la nuit
J’attends vos ordres vos désirs
Je n’ose pas depuis plusieurs jours
Regarder dans la glace
J’écoute tout simplement à l’affût
Et je n’entends rien
Un grand sac baille
Mes souliers sont à la porte
Et une voix qui moue l’amour
Grimpe le long des murs en fleurs
J’attends toujours
Et puis rien
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Frères du jour et de la nuit,
Est-ce moi est-ce vous
Qui glissait sans trêve et sans rêve
Sans merci
Le long de ce grand mur taché
Et qui entendait vos longues mains à tâtons
A minuit
Frères du jour et de la nuit
On frappe on regrette on désire
Un corps blanc
Et des yeux
Des yeux
Des yeux

Ahmad MOSHIRI - L'odeur de la pluie...

L'odeur de la pluie, de l'herbe et de la terre
Les branches lavées par l'ondée, propres
Le ciel bleu et les nuages blancs,
Les feuilles vertes du saule
Le parfum du narcisse, la danse du vent
Des hirondelles joyeuses, le chant...
Peu à peu, s'installe le printemps
d44f36fe5329845ec5ad34fe46ab014f.jpgHeureux l'espace-temps
Heureux les champs et les sources
Heureux les graines et la pelouse
Heureux les boutons mi-éclos
Heureuse la fille de l'œillet, souriant allègrement
Heureux le verre de vin débordant
Heureux le soleil s'offrant

Mon cœur, bien qu'en ces moments
Tu ne portes pas d'habit coloré et charmant
Et ta coupe ne contient pas de vin la méritant,
Et les douceurs et la verdure, de ta nappe, sont absents

Hélas pour toi, si tu ne danses pas comme la fleur avec la brise
Hélas pour moi, si le soleil ne m'est pas enivrant
Hélas pour nous, si nous ne saisissons pas la volupté du printemps

Si nous n'écrasons pas la coupe de tristesse résolument,
Nous verrons ses sept couleurs, en soixante-dix, se multipliant.


Nuage, 1961.

Forough FARROKHZAD - J'ai froid...

J'ai froid
J'ai froid, en on dirait que je ne me réchaufferai jamais
Ami, ô le plus unique des amis, "ce vin avait combien d'années ?"
Regarde ici
Que le temps est pesant
Et comment les poissons rongeront ma chair
Pourquoi toujours me gardes-tu au fond de la mer
J'ai froid et je déteste les boucles d'oreille en nacre
J'ai froid et je sais que de toutes les illusions rouges d'un coquelicot sauvage
à part quelques gouttes de sang
Rien ne restera sur place.

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