« 2008-03-15 | Page d'accueil | 2008-03-19 »
16.03.2008
Emmanuel BÉMER - Je n'écris pas pour passer le temps...
Je n'écris pas pour passer le temps
Je n'écris pas pour tromper l'ennui
Je ne connais pas l'angoisse de la page blanche
Je ne me pose pas cette question : j'écris la date
Je n'écris pas pour me souvenir
Je n'écris pas pour oublier
Je n'écris pas par thérapie
Sinon je serai guéri
Je n'écris pas sous ma douche
D'ailleurs je n'écris pas : je m'écrie
Je n'écris pour rien : j'écris contre
J'écris par négation
Et encore j'exacerbe le propos
Je ne pense pas que ce soit un attrait pour les mots
Si nous procédions par idéogramme
Je composerais tout autant, sur d'autres gammes
La réponse est dans le jeu
J'écris par imprudence
J'écris pour l'ignorance
De savoir
L'ignorance de savoir où le vent me porte
De savoir ce qu'il y a dans ces carnets noircis de notes
S'il y avait une raison, j'écrirais par curiosité
j'écrirais pour me connaître, me comprendre
Et donc comprendre ce monde espace qui m'anime
M'abrite dans lequel j'évolue
Mais c'est fatalement utopique : il y aura toujours une zone d'ombre
Sitôt posée la zone de luminescence
J'écris pour tromper la folie
Et duper la raison
Faire des enfants dans le dos
A l'amante et la maîtresse
J'écris parce qu'une plume
S'envole toujours lorsqu'il y a du vent
N'importe quel courant chaud ou ascendant
Que je trouve seule règle d'or
Seule valable raison
J'écris pour que la métaphore
File un mauvais coton
Source : http://www.legrandincendie.net/GI/pagesblanches/page-bemer.html
21:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Olympia ALBERTI - J’écris pour les mains calleuses...
J’écris pour les mains calleuses
Qui jamais ne toucheront mes livres
Pour les analphabètes
Et ceux qui ne croiseront jamais
Qu’au large de mes mots ?J’écris pour ceux qui ont soif
Qui ont faim du seul pain
Qui leur manque
L’Amour
J’écris parce qu’ils ne le savent pas
Et qu’ils se trompent pour de l’argent,
J’écris pour essuyer le crachat
Des racistes à leur visage
J’écris là pour leur rendre
Un jardin -
Celui qu’ils m’ont pris
Sans le savoir
1bis, rue Abou-Nawas, Éd. Elyzad.
21:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Anna de NOAILLES - J'écris pour que le jour...
J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache comme l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Comme j'aimais la vie et l'heureuse Nature.
Attentive aux travaux des champs et des maisons,
J'ai marqué chaque jour la forme des saisons,
Parce que l'eau, la terre et la montante flamme
En nul endroit ne sont si belles qu'en mon âme!
J'ai dit ce que j'ai vu et ce que j'ai senti,
D'un cœur pour qui le vrai ne fût point trop hardi,
Et j'ai eu cette ardeur, par l'amour intimée,
Pour être, après la mort, parfois encore aimée,
Et qu'un jeune homme alors, lisant ce que j'écris,
Sentant pour moi son cœur ému, troublé, surpris,
Ayant tout oublié des épouses réelles,
M'accueille dans son âme et me préfère à elles...
L'ombre des jours.
21:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

